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Evolution des paysages
Les fermetures de paysages sont une des évolutions les plus marquantes de ce territoire depuis une trentaine d’années. Ce phénomène de fond est impossible à enrayer dans sa globalité. On peut par contre mobiliser des moyens pour intervenir, sur des territoires ou des morceaux de territoire bien délimités selon un ordre de priorité établi et reconnu par tous.
Evolution des boisementsAu début du siècle, les forêts de hêtres, étaient déjà présentes sur les mêmes parcelles. La production de bois de chauffage était l’objectif principal, ainsi que la fabrication de sabots. Les sapinières d’altitude (Saint Nicolas des Biefs, Lavoine, La Guillermie) sont des formations anciennes. Leur histoire, leur mode de gestion ont permis de développer une sylviculture jardinée qui, aujourd’hui, donne de très belles ambiances forestières, contrairement aux plantations de résineux homogènes datant des années 50 qui n’ont pas bénéficié de ce style de gestion. Dans l’avenir, les plantations parfaitement homogènes des résineux nécessiteront des coupes à blanc. Des plantations supplémentaires seront effectuées mais dans une moindre proportion car les taux de boisements évolueront peu. En effet, les terres agricoles restantes sont de bonnes qualités et resteront donc rentables dans les années futures. Les politiques mises en place notamment sous l’impulsion de la Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise (règlementation des boisements intercommunale) devraient freiner les boisements anarchiques. Les replantations consécutives à la tempête de 1999 s’oriente vers d’autres modes (mélanges, densités plus faibles…) Impact paysager de ces évolutions Les plantations tendent à bloquer les vues lointaines depuis les routes ou les chemins. Cette fermeture des paysages nuit à la diversité des perceptions visuelles. Sur l’ensemble du territoire, différents stades d’évolution coexistent :
Toutes les plantations n’ont pas le même impact paysager selon leur emplacement. Ainsi deux hectares de douglas, situés en continuité avec des boisements existants ont un impact plutôt anodin. Par contre deux hectares isolés peuvent avoir un impact fort sur les espaces à proximité immédiates d’un village, dans l’axe d’un bâtiment remarquable ou en fond de vallées. Les coupes à blanc, si elles peuvent avoir dans les toutes premières années un impact désastreux sur le paysage, peuvent par la suite avoir quelques avantages. Tant que les nouvelles plantations n’ont pas pris le dessus et que la végétation pionnière domine, elles donnent une tonalité plus claire, plus gaie au paysage. Des schémas de dessertes ont été réalisés sur les principaux massifs, afin d’assurer l’accessibilité des parcelles aux engins de débardage. Ces dessertes forestières créent des cicatrices dans le paysage, surtout lorsqu’elles sont en déblais-remblais. Mêmes situées en dehors des espaces paysagers stratégiques, les plantations en timbres-poste apparaissent comme des masses sombres isolées. Leurs limites géométriques et leur aspect artificiel marque profondément le paysage. Le souci de s’isoler chez soi pousse les propriétaires à s’entourer de hautes haies fermées et compactes. Ce phénomène plus marqué dans les zones plus urbanisées de l’ouest du territoire crée un cloisonnement de l’espace avec une fausse impression de timbre-poste dans un secteur qui en compte peu. Evolution des espaces agricolesJusqu’au milieu du XIXème siècle, l’agriculture traditionnelle en Montagne Bourbonnaise était une polyculture vivrière (seigle et pomme de terre) associée à l’élevage bovins, ovins, porcins et volailles. L’artisanat du bois apportait un complément de revenu non négligeable. Les agriculteurs sont pour la plupart de petits propriétaires exploitants. Cette diversité est aujourd’hui abandonnée pour une spécialisation vers le seul élevage bovin. Avec une population proche des 50 habitants/km² en 1846, les villages étaient très peuplés. Les parcelles défrichées depuis le Moyen Âge étaient toutes valorisées comme culture ou comme pâture. Lors de l’exode rural qui s’amorce dès 1846 et s’accentue fortement en 1881, la région perd près de 2/3 de sa population. Les parcelles abandonnées par l’agriculture sont alors boisées et certaines sont laissées en friche. Aucune étude précise sur le territoire ne permet de définir l’avenir des exploitations agricoles. Toutefois, il est possible de cerner les grandes tendances de l’évolution. Il reste encore en Montagne Bourbonnaise un nombre important de petites exploitations. Leur reprise sera difficile et il est probable que la SAU (Surface Agricole Utile) continuera de baisser. Cependant, comme dans d’autres régions, le nombre d’agriculteurs devrait diminuer mais la taille des exploitations devrait augmenter. Les pertes de SAU dues aux départs en retraites pourraient être en partie compensée par les reprises des jeunes agriculteurs. Impact paysager La dynamisation de l’élevage dans la région a permis de préserver en grand partie le paysage de bocage. Les parcelles ne devraient pas subir de profondes modifications. Les haies seront conservées car elles assurent un ombrage bénéfique au bétail bien qu’elles soient de moins en moins entretenues. Les haies « bourbonnaises » sont de plus en plus rares et s’apparentent plus aux haies vives, denses et épaisses. Evolution des fonds de valléesAutrefois, les ruisseaux et les terrains adjacents étaient rentabilisés au maximum. Les prairies, bien protégées du vent, disposaient toujours d’eau et d’herbe verdoyante en abondance. Les nombreux moulins, carderies et scieries bénéficiaient de la force hydraulique. Mais depuis les années 50, les fonds de vallées ont subit très tôt le contrecoup de la modernisation agricole. Ces espaces étaient difficiles d’accès, souvent loin des villages et les surfaces restreintes ne justifiées pas le déplacement des machines. Seules les vallées à fond plat ont pu conservé un intérêt économique. En dehors de quelques sites bien déterminés, l’avenir de ces espaces semble être la friche ou le boisement. Il s’agit soit de prairies véritablement abandonnées, soit de prairies pour lesquelles la charge à l’hectare est insuffisante. Si, sur la zone du piedmont, l’agriculture plus présente et plus dynamique occupe l’espace de façon plus importante, certains fonds de vallées peuvent néanmoins être aussi menacés.
Impacts paysager D’un point de vue paysager, on peut distinguer trois stades progressifs de dégradation de ces espaces :
Bâtiments récents à usage artisanal, commercial, industriel ou agricoleDe tous temps, l’aspect fonctionnel et économique a guidé la réalisation des bâtiments agricoles et industriels. La modernisation nécessaire des productions, l’économie, la souplesse d’emploi des matériaux modernes, et leur haut degré de technicité ont rendu possible la construction de bâtiments immenses sur presque tous les types de terrains ou en extension de bâtiments existants. Mais alors que la qualité et la nature même des matériaux employés pour les constructions vernaculaires permettaient leur intégration parfaite au milieu environnant et caractérisaient la région, les matériaux industriels actuellement utilisés de manière brute sont en disharmonie totale et banalisent leur environnement immédiat. Les nouveaux bâtiments quel qu’en soit l’usage artisanal, commercial, industriel ou agricole modifient considérablement l’aspect de leur environnement bâti et végétal en raison de leur dimensions ,de leurs formes, de leurs couleurs et de leurs implantations. L’intégration dans le paysage de ces nouvelles constructions doit être l’un des principaux efforts. L’habitat récentDans la partie centrale du territoire, on remarque que l’habitat récent, tel que les maisons pavillonnaires, n’est pas majoritairement représenté. Par contre, la frange Nord-Ouest du territoire, plus proche de Vichy, a accueilli la majeure partie des constructions neuves. Au vu du nombre de bâtiments d’habitations abandonnés rencontrés, le principal travail, se porterait plutôt sur la réhabilitation de ce type de bâti traditionnel. Source : Charte Architecturale et Paysagère 2002 |