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Les types de paysages
L’analyse du paysage met en évidence la diversité des vues possibles, depuis les larges points de vues panoramiques jusqu’aux espaces fermés des fonds de vallées en passant par les silhouettes typiques des villages.
Toutefois, à l’échelle d’une commune ou de la Communauté de Communes dans son ensemble, tous ces éléments apparaissent dispersés et répartis aléatoirement sur le territoire. Cependant l’ambiance paysagère générale dégage une forte impression d’unité, accentuée par le fort contraste, entre le territoire et les régions limitrophes, notamment la Limagne à l’ouest et la plaine de la Loire à l’est. Des différences sont perceptibles, surtout lorsqu’on parcourt le territoire du nord vers le sud. Des critères sont déterminants :
Trois unités principales apparaissent bien que leurs contours soient particulièrement difficiles à définir avec précision. Le passage de l’une à l’autre se fait sur une longue distance, et se présente plus sous la forme d’un dégradé progressif et continu que sous la forme d’une limite franche. Unité paysagère 1 : la "haute" Montagne Bourbonnaise
Le sud du territoire, comprenant les points culminants et les principaux massifs forestiers des Bois Noirs, des Monts de la Madeleine et du Massif de la Ligue. Les communes concernées en priorité sont : La Chabanne, La Guillermie, Laprugne, Lavoine, Saint Clément, Saint Nicolas des Biefs. Cette unité se subdivise en bassins visuels indépendants délimités par les lignes de crêtes principales orientées nord-sud et traversées en leurs milieux par les rivières de même orientation. Ainsi, de l’ouest vers l’est, on dénombre :
Dans chacune des sous-unités, il se crée de nombreuses interactions visuelles entre les villages. Certains éléments bâtis ont d’ailleurs un impact paysager majeur :
D’autres points de repères sont naturels :
Dans cette zone se concentrent :
La couverture forestière occupe une surface majoritaire. Les espaces ouverts sont cernés par des plantations ou des boisements naturels, créant des îlots agricoles isolés les uns des autres. Les villages et les hameaux occupent le centre de ces clairières. Cette zone apparaît comme le prolongement des Monts du Forez. L’architecture comme l’organisation de l’espace mettent en évidence cette influence auvergnate au sein du bourbonnais. Cette unité possède une richesse naturelle remarquable due à la présence :
Les problématiques spécifiques de cette unité sont :
Unité paysagère 2 : les marches et les plateaux
Cette zone centrale du territoire correspond aux contreforts des grands massifs forestiers. Les communes concernées, en priorité, sont : Arronnes, Châtel Montagne, Ferrières sur Sichon, La Chapelle, Le Mayet de Montagne. Le relief est de type collinéen organisé en larges courbes arrondies aux pentes douces. Il définit par endroits de vastes plateaux (aux alentours du Mayet de Montagne, autour de Barnaudière sur la commune d’Arronnes et à l’est de La Chapelle vers le Pouthier). Cet ensemble morphologique est nettement découpé et structuré par des vallées encaissées et leurs pentes abruptes :
Les buttes les plus marquantes sont celles du Château de Montgilbert et du Puy du Roc. Mais ce sont surtout les éléments bâtis qui ponctuent le paysage et servent de point de repère (le Château de Montgilbert, l’Eglise de Châtel Montagne, le Château de Chappes). Dans cette unité se concentrent des vallées à fond plat, facilement accessibles en voiture et d’autres qui ne demandent que quelques minutes de marche à pied. Ces espaces de qualité peuvent posséder des attraits touristiques supplémentaires (la Cascade de la Pisserotte sur le Barbenan, la Grotte aux Fées sur le Sichon). Ils peuvent aussi être fortement menacés de fermeture par la colonisation naturelle et les plantations (vallée du Mansan). Les espaces agricoles et la couverture forestière se répartissent équitablement. Les îlots agricoles sont beaucoup plus ouverts que dans la première unité. Ils contiennent plusieurs hameaux ou villages reliés entre eux par une trame bocagère lâche. L’influence bourbonnaise se substitue progressivement à l’influence auvergnate. De nombreuses haies sont en effet constituées d’arbustes taillés ponctuées de grands arbres. Les problématiques spécifiques de cette unité sont :
Unité paysagère 3 : le piedmont
Cette zone de transition entre la montagne bourbonnaise et la plaine bourbonnaise est située à la pointe nord et à la pointe ouest du territoire. Les communes concernées en priorité sont Arfeuilles, Châtelus, Molles et Nizerolles. Les pentes abruptes s’estompent pour laisser la place à des modelés arrondis, qui s’abaissent petit à petit vers les plaines du Bourbonnais. Les interfluves forment de larges replats qui permettent l’installation de prairies plus vastes. En dehors des vallées de la Besbre, du Barbenan et du Jolan qui traversent l’unité du nord vers le Sud, et d’est en ouest, les reliefs et les lignes de crêtes ne présentent pas de direction particulière ni de structure nette. Les croupes et les creux créent autant de sous-unités visuelles aux limites imprécises. L’influence bourbonnaise est très forte dans cette unité. Elle est particulièrement nette sur le bâti. Les domaines et belles demeures sont plus fréquents que dans l’unité précédente. Le bourg d’Arfeuilles compte quelques belles maisons à tourelles. Malgré les faibles altitudes, les points de vues restent nombreux à la faveur des vastes espaces ouverts. Par exemple :
L’espace agricole ouvert est largement dominant. Les exploitations semblent pérennes et suffisamment bien structurées. Le problème des friches ne se pose que de manière très localisée. Les haies et notamment les "bouchures" (haies taillées ponctuées d’arbres) prennent une grande importance dans le paysage. Dans ce type d’espace relativement ouvert, les constructions nouvelles sont très visibles. Il s’agit le plus souvent de bâtiments agricoles ou industriels, de volumétrie imposante. Ils ont un impact paysager fort lorsqu’ils ne sont pas intégrés dans des réseaux de haies. Ils sont implantés en dehors ou aux entrées des villages et ne semblent pas être raccordés aux masses bâties par la végétation. Cependant, certains éléments peuvent être intégrés au paysage par la végétation. Ainsi, le bâtiment industriel situé au carrefour de la Grand Croix à Nizerolles occupe un site sensible, sur une ligne de crête et en bordure de route. Grâce à la végétation diversifiée qui entoure le bâtiment (arbres, arbustes, sans haie rigide), le bâtiment reste visible sans dénaturer le point de vue remarquable. Les problématiques spécifiques de cette unité seront l’entretien des haies et l’insertion des bâtiments agricoles et industriels. Source : Charte Architecturale et Paysagère 2002 |